Le grenier à sons a vécu vendredi soir une soirée exceptionnelle avec la venue de
Trilok Gurtu. Ce percussionniste indien est né à Bombay dans une famille « musicale » puisque son grand père était un grand joueur de sitar et sa mère Shobha Gurtu, une chanteuse classique reconnue. Si Trilok Gurtu a commencé la musique à l’age de six ans, il s’est depuis produit aux quatre coins du monde et a joué, entre autres, avec John McLaughlin et Gilberto Gil. Il a enregistré une douzaine d’albums et le dernier a été réalisé dans le sud du Mali. C’est le travail issu de ce dernier album qu’il nous a présenté sur scène vendredi soir au grenier à sons avec avec Hadja Kouyaté (voix, Guinée-Conakry), Ali Boulo Santo (voix et kora, Sénégal), N’Gou Bagayoko (guitare, Mali), Filifin (kamélé n’goni et voix, Mali) et Sounkalo (dozon n’goni, Mali). En cherchant dans les compositions et l’appropriation des percussions rares du sud Mali, il a réussi à faire surgir toute sa culture indienne mêlée aux vibrations africaines.
Ces interprétations instinctives et recherchées font de cette création, une musique profonde, sensuelle, joyeuse et libérée. Sans doute la plus grande simplicité de Trilok Gurtu surgit-elle ici et signe le talent d’un travail novateur et érudit. Les spectateurs ne s’y sont pas trompés et ils s’étaient déplacé nombreux pour découvrir la performance de cet artiste hors norme. La prestation de Trilok Gurtu s’est révélée étonnante, émouvante et captivante à tel point qu’après deux rappels tonitruants, le public sous le charme a eu bien du mal à quitter le grenier à sons.

Trilok Gurtu a réussi à faire surgir toute sa culture indienne mêlée aux vibrations africaines